Vol. 1 No. 1 (2020)
Essai
Le futur toujours avant dernier
Pages: 93–103
Abstract
Enonçons d’emblée notre argument : le futur, c’est n’importe quand ! Et comme (un)possible, le futur peut être n’importe quoi que nous imaginions ou non. Surtout que nous ne connaissons pas déjà, à quoi nous nous ne attendons pas. De là, angoisses et fantasmes alimentent nos conceptions de l’avenir et l’idée que nous nous faisons de notre futur. Justement, mon futur dans le futur sera inévitablement mort. Que deviendra mon être et notre être ? Si nous devons tous mourir, si l’univers doit disparaitre une fois pour toutes, qu’est-ce que nous pouvons en apprendre aujourd’hui ? Nous tenterons de traiter quelques messages nociceptifs comme occasion d’envisager un demain sans projection, un futur autre qu’un futur prospectif. Entre crises et soulagements, fuites ou dispersements, euphories et délires, se dresse un savoir qui échappe à la philosophie au mieux, qu’elle rejette sinon. Nous ferons droit ici aux ombres et aux spectres, à l’erreur et la faute tout autant qu’aux croyances ou connaissances floues. Nous mettons en oeuvre une pensée par accidents, par surprises et résistances ; nous inaugurons une éthique futurible. Ce qu’il nous faut annoncer, c’est la possibilité d’un soin venu du futur pour notre futur. Comment (se) guérir du futur philosophique, comment ressusciter du Monde ? Notre « bonne nouvelle » est guérison.
Keywords: nociceptif, soin, demain, expérimentation, dire, escatologie